"Certaines unités que nous créons n'atteignent pas des capacités de combat, non pas par manque de personnel, mais à cause de l'équipement de base" insuffisant, a souligné le chef des armées polonaises.
Wieslaw Kukula à Varsovie, en Pologne, le 11 septembre 2025. ( AFP / WOJTEK RADWANSKI )
Malgré des dépenses record, l'armée polonaise ne se modernise pas assez rapidement pour pouvoir faire face à la "menace existentielle" représente la Russie sur le pays, a avertit mercredi 25 février le chef d'état-major des Forces armées polonaises.
La Pologne, plus grand pays du flanc oriental de l'Otan , voisin de la Russie, du Bélarus et de l'Ukraine, est l'un des membres de l'Alliance réalisant le plus gros effort financier en matière de défense, aux côtés des pays baltes. Elle doit y consacrer cette année 4,8% de son Produit intérieur brut (PIB) , à deux pas de l'objectif fixé par l'Alliance de 5% du PIB d'ici 2035.
Néanmoins, "malgré des dépenses de défense record au cours des trois dernières années, celles-ci n'ont pas pu compenser près de trois décennies de sous-financement chronique des forces armées", a regretté le général Wieslaw Kukula lors d'une réunion des hauts responsables de l'armée, du ministre de la Défense et du chef de l'Etat, mercredi à Varsovie.
Le général a fait état d' un "rythme de modernisation technique" moins élevé qu'attendu face à l'augmentation des effectifs de l'armée polonaise qui, selon lui, devraient atteindre le nombre de 500.000 soldats à l'horizon de 2039, contre environ 210.000 actuellement.
"Menace existentielle"
Aussi, "certaines unités que nous créons n'atteignent pas des capacités de combat , non pas par manque de personnel, mais à cause de l'équipement de base" insuffisant, a-t-il pointé.
Pendant ce temps, "la Russie reste une menace existentielle pour la Pologne", a déclaré le général Kukula.
La Pologne doit recevoir prochainement 43,7 milliards d'euros au titre de l'instrument financier européen Security Action For Europe (SAFE), destiné à renforcer les capacités de défense européennes, sur une enveloppe globale annoncée de 150 milliards. Avec cet argent, Varsovie compte doper la production nationale d'armement.
Selon le gouvernement, la Pologne accédera à SAFE même si le président Karol Nawrocki, soutenu par l'opposition de droite nationaliste, devait poser son veto à une loi qui règle les modalités internes de son application. Le parti Droit et Justice (PiS), qui est le principal parti d'opposition de droite, affirme que SAFE pourrait devenir un nouvel outil de pression sur Varsovie dans les mains de Bruxelles, grâce à un mécanisme prévu de contrôle de l'allocation des fonds, qui, dans l'opinion du PiS partagée par Karol Nawrocki, risque de porter atteinte à la souveraineté nationale polonaise.
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